The Visit

On avait quitté M. Night Shyamalan au fond du trou après une série de films tous plus mauvais les uns que les autres. Ah qu’il est loin le temps de son Sixième sens, du Village ou encore d’Incassable. Avant d’aller trop vite en besogne en qualifiant le réalisateur d’espoir déchu du Septième Art, laissons-lui une dernière chance. The Visit peut-il sauver l’homme de la descente aux enfers qu’il subit depuis 10 ans. La réponse se trouve ici.



261598ppSynopsis : Deux enfants sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie, dans la ferme de leurs grands-parents. Mais lorsque l’un d’eux découvre qu’ils sont impliqués dans quelque chose de profondément dérangeant, leurs chances de retour s’amenuisent de jour en jour.


Deux enfants envoyés chez leurs grands-parents pendant que leur maman se trémousse sur une croisière supposée la changer de son quotidien à Walmart. Hum pourquoi pas après tout, laissons au cinéaste le bénéfice du doute. Avec The Visit, Shyamalan change de registre en s’attaquant au style de l’épouvante. Pour l’originalité on repassera. Après s’être coltiné les Paranormal Activity, Insidious ou autre sous films du genre pouvait-on s’attendre à quelque chose de plus original au vu du scénario ? Sans avoir vu le film, vous me direz non et vous avez tort. Au-delà de l’intrigue simpliste, le travail de mise en scène effectué me rappelle les heures de gloire d’un certain réalisateur huppé au début des années 2000 (oui, on parle du même).

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À travers la technique du found-footage, le cinéaste réussit à immerger le spectateur dans l’ambiance. D’un bout à l’autre du film on assiste impuissant au dérouler de l’action. Mais, là où Shyamalan réussit à sortir des clichés des films du genre, c’est grâce au second degré. Habilement amenée dans un premier temps par le personnage de Tyler, la cocasserie de certaines scènes finira d’achever le travail. On assiste donc à un film d’épouvante mêlant un réalisme à toute épreuve et un second degré bien senti. Le tout revêt un côté sympathique qui permet au long-métrage de sortir des codes établis.

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À l’image de ses précédentes productions, le cinéaste reste fidèle à ses marottes en racontant son histoire à hauteur d’enfant. Revenons à la technique de mise en scène à présent : le found footage. Mais qu’est-ce que c’est ça ? C’est une technique simple qui consiste à utiliser une caméra subjective. On avait pu l’observer dans certains films du genre tels que le projet Blair Witch. Le résultat est propre même si certains plans paraissent bancals.

Une mise en scène réaliste qui contraste avec un aspect fantastique sous-jacent. Le cinéma de Shyamalan a toujours joué sur la croyance et le doute. The Visit ne déroge pas à la règle. D’une scène à l’autre, le cinéaste joue avec les codes et propose des scènes tantôt ancrées dans le réel (à l’image de l’épilogue du cache-cache sous la maison, confortable et rassurant) tantôt fantastique (les terreurs nocturnes de la grand-mère, déconcertantes et effrayantes). L’intégralité du film est filmée à la manière d’un documentaire. Les images proviennent toutes des deux caméras utilisées en permanence par les enfants pour filmer leurs vacances.

Côté casting, on ne passe pas à côté des stéréotypes des films de ce genre, mais on saluera la performance des protagonistes qui participent à leur manière à la réussite du film. Pèle mêle, Olivia DeJonge qui joue le rôle de Becca, une ado de 12 ans beaucoup plus mature que son âge, Ed Oxenbould dans le rôle de Tyler, 8 ans rappeur à ses heures perdues et caution fraîcheur du film. Mais que serait cette petite marmaille sans les odieux grands-parents interprétés respectivement par Peter McRobbie et Deanna Dunagan. À eux deux, ils vont faire passer une semaine d’enfer aux enfants certes, mais également aux spectateurs.

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Avec The Visit, M.Night Shyamalan ose sortir de son carcan en proposant un film mineur et sans prétention. À la sortie de la salle, le pari est gagné. On a tantôt ri, tantôt sursauté. On ressort avec l’impression d’avoir visionné un film sans réelle prétention, mais d’une efficacité retorse. Shyamalan a réussi son retour là où on ne l’attendait pas. De là à parler de renaissance… N’allons pas jusque-là et contentons-nous d’espérer. L’indépendance et quelques bouts de ficelles ça a parfois du bon…


Note : 6/10

The Visit

Un film de M. Night Shyamalan avec Olivia DeJonge, Ed Oxenbould, Peter McRobbie, Deanna Dunagan….
Epouvante-horreur – Américain – 1h34– Sorti le 7 octobre 2015


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