Agents très spéciaux : The Man from U.N.C.L.E.

Quatre ans après le décevant Sherlock Holmes : Jeu d’ombres, le réalisateur de Snatch, Arnaques Crimes et Botaniques et Rock’n’Rolla est de retour avec une adaptation de la série éponyme des années 1960.



afficheSynopsis : Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. retrace l’histoire de l’agent de la CIA Solo et de l’agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l’heure, Solo et Kuryakin n’ont qu’une piste : le contact de la fille d’un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d’infiltrer l’organisation criminelle. Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire.


Contexte de guerre froide, deux bellâtres, une charmante complice et des nazis voulant faire sauter les États-Unis, vous me direz déjà-vu et vous n’avez pas complètement tort. Le film d’espionnage revient à la mode cette année. Le retour de Mission Impossible en tête de liste suivie par l’excellente surprise suscitée par Kingsman : Services Secrets ont ravivé les esprits en manque d’inspiration. L’espionnage est donc à nouveau tendance, mais attention, un espionnage léger mêlant humour et esthétisme. Un retour étonnant, surprenant, mais qui tranche avec les blockbusters actuels qui rivalisent d’effets spéciaux pour en mettre toujours plein les yeux. Dans cette avalanche de films, un outsider venu fait son apparition, il s’agit du nouveau film de Guy Ritchie : Agents très spéciaux.

Si quelques détails rappellent le charme des OSS 117 d’Hazanavicius, le film ne pousse pas la parodie à l’outrance. Le résultat est propre, léché et simple à l’image d’une intrigue que l’on aurait aimée plus travaillée. Loin de la complexité d’un La Taupe d’Alfredson, on pourra blâmer le cinéaste pour avoir céder à la facilité. L’intrigue met en scène deux agents secrets, un du côté communiste, l’autre du côté américain. On notera l’effort du réalisateur de fournir un background pour chacun des personnages même si celui-ci s’avère inutile. La situation initiale mise en place, le reste de l’intrigue se déroule sans fausses notes et surprises. À l’image du film de Matthew Vaughn, l’humour tient un rôle important. Le résultat est mitigé, les vannes sont souvent attendues, parfois redondantes, mais certaines situations cocasses réussissent à prendre l’ascendant sur l’ensemble.

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Virtuose de l’image, le réalisateur britannique issu de la publicité s’était quelque peu perdu après le très convainquant Rock’n’Rolla. La duologie Sherlock Holmes ne restera pas dans les mémoires même si le premier épisode s’était avéré plutôt sympathique. C’est donc un Guy Ritchie au meilleur de sa forme que nous attendions, 4 ans après son dernier long-métrage. Passons sur le scénario convenu pour nous attaquer au point fort du film : sa mise en scène. Car oui, l’intérêt du film réside dans son aspect visuel. Amateur de plans audacieux, on se souviendra de la publicité de l’équipementier Nike, intitulée To the next level, et qui met en scène l’ascension d’un jeune joueur filmé à la première personne.

Agents très spéciaux ne déroge pas à la règle et propose certains plans de haut vol. On retiendra notamment l’utilisation du « splitscreen », technique permettant au spectateur de suivre plusieurs actions simultanées ou de bénéficier de plusieurs points de vue en parallèle sur une même scène. Proche d’un rendu bande dessinée, la scène est très réussie et les actions s’enchaînent très naturellement.

Sur le plan visuel, la prise de risque est minimale, mais le long-métrage reste agréable à l’œil comme à l’oreille. Car oui, il serait impensable de ne pas noter le travail d’orfèvre réalisé sur la bande originale du film. Le compositeur Daniel Pemberton s’est occupé de la grande majorité des morceaux du film. Le résultat est convainquant. Chaque scène est parfaitement millimétrée. En plus de musiques composées spécialement pour le film, le réalisateur a également choisi de faire appel à des titres de l’époque. Nina Simone, Roberta Flack, Solomon Burke entre autres viennent ponctuer chaque tableau.

Le casting est aussi soigné que la mise en scène. Henry Cavill et Armie Hammer, caution testostérone de ce film d’espionnage au charme typiquement britannique, jouent de charme et de rivalité pour donner vie au film. Cependant l’intérêt reste ailleurs. Si les deux acteurs réalisent une performance plus que convenable, Alicia Vikander écrase tout sur son passage. Charme, beauté et intelligence, la jeune actrice apporte sa fraicheur et son sens de l’humour et donne au long-métrage une dimension tout autre. Paré d’une combinaison de garagiste puis des plus belles robes de créateurs, le personnage de Gaby crève l’écran et vient accentuer une photographie stylisée.

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Malgré un rythme poussif et une intrigue banale, Agents très spéciaux se laisse allègrement déguster. Après le très réussi Kingsman : Services Secrets de Matthew Vaughn, c’est au tour de Guy Ritchie de revisiter à sa manière le film d’espionnage des années 1960. Soyons clair, le long-métrage ne réinvente rien, se laisse déguster comme une coupe de champagne au coin du feu un soir d’hiver, mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Le cinéaste n’en a clairement pas fini avec la franchise puisqu’une suite est d’ores et déjà planifiée. Une licence qui a tout pour cartonner et divertir les cinéphiles à la recherche d’un bon divertissement.


Note : 6,5/10

Agents très spéciaux : The Man from U.N.C.L.E.

Un film de Guy Ritchie avec Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander….
Espionnage – Américain – 1h57 – Sorti le 16 septembre 2015


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