THE DARK KNIGHT RISES

Cinq ans ont passé depuis la déferlante de « The Dark Knight », le second opus de la trilogie « Batman » de Christopher Nolan. Le réalisateur britannique revient parachever son odyssée mythologique dans « The Dark Knight Rises », dernière pierre à l’édifice de cette saga, devenue aujourd’hui légendaire.


Synopsis : Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent. Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…


Sept ans après « Batman Begins », et cinq après « The Dark Knight », Christopher Nolan revient avec la suite directe du chevalier noir. Après un premier épisode dédié à la présentation et la création du Batman et un second, centré sur l’avènement puis la chute de l’homme chauve-souris, « The Dark Knight Rises » marque l’opus de la renaissance et de l’élévation de son héros. Dans un récit plus sombre et manichéen que jamais, le cinéaste continue son récit là où il l’avait abandonné cinq ans auparavant. On retrouve les mêmes ingrédients qui avaient fait le succès de l’opus précèdent, une vision dramatique et profondément réaliste de l’homme chauve-souris. Après un prologue de haute facture introduisant Bane, le « méchant » du film, l’accent est remis sur la ville de Gotham qui pleure son « chevalier blanc », Harvey Dent. Il faudra environ vingt minutes avant de pouvoir apercevoir pour la première fois du film le héros, Bruce Wayne qui reste alité après sa confrontation avec « Double Face ».

Le personnage n’est que l’ombre de lui-même, on retrouve un homme ravagé, marqué et renfermé après la mort de son « âme sœur », Rachel Dawes. En réutilisant les codes de « Batman Begins », on assiste à la mise en place du même procédé de quête initiatique, cette fois-ci Bruce Wayne doit combattre et « s’élever » pour retrouver son alter-égo masqué. Alors que « The Dark Knight » posait les enjeux d’un héros s’élevant dans la lumière en acceptant d’être le paria, le hors la loi, « The Dark Knight Rises » s’inscrit dans une logique beaucoup plus humaniste et héroïque. Profondément ancré dans son époque, Christopher Nolan avec « The Dark Knight Rises » n’hésite pas à traiter de sujets d’actualité. Sous fond de crise économique et de questions environnementales, le réalisateur poursuit dans sa lancée en proposant une œuvre contemporaine inscrite dans la société actuelle, où les questions sociales sont au centre du récit.

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Clairement, le choix de Christopher Nolan de baser l’introduction de son récit sur le personnage de Bruce Wayne et non de Batman n’est pas anodin. « The Dark Knight » nous avait laissé avec un personnage brisé et bafoué par la ville qu’il tentait de protéger. Avec « The Dark Knight Rises », le cinéaste privilégie Bruce Wayne dans son processus de reconstruction en le replaçant dans sa posture « humaine ». En optant pour une posture moins dramaturgique, la mise en scène se concentre plus sur la renaissance symbolique d’un homme, puis d’un symbole.

Le résultat est impressionnant de maîtrise et d’intensité, en alliant à la perfection la noirceur d’un monde perverti par la corruption et la violence et les ingrédients propres à un blockbuster, le cinéaste signe une œuvre aboutie et pleine de réalisme. La mise en scène est tonitruante et met en valeur les tons bleus visant à illustrer la noirceur clinique de l’œuvre. L’intensité de l’ensemble des scènes est subjuguante, Christopher Nolan choisit de réutiliser les codes antérieurement utilisés dans « The Dark Knight ». Une nouvelle fois le résultat fait mouche, entre les scènes de dialogue millimétrées et des scènes d’actions impressionnantes, le cinéaste parvient avec brio à intégrer une même mécanique à l’ensemble de son œuvre.

Une claque visuelle et émotionnelle à chaque minute qui jongle entre espoir et désespoir, une œuvre empreinte de réalisme et de vérité qui persiste dans la lignée des deux précédents épisodes. La mise en scène est d’abord profondément désespérée pour peu à peu s’adonner à un élan d’optimiste. Une véritable montée en puissance s’opère au fil de l’intrigue, plongeant ainsi le spectateur dans une suite ininterrompue de scènes émotionnellement et visuellement intense.

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Christian Bale a renfilé le costume du Batman comme si de rien n’était et le résultat est enthousiasment. L’acteur persiste et signe en proposant une performance sombre, intense et profonde, une approche personnelle, profondément humaine et intime de son personnage de Bruce Wayne. Porté par un casting de haute volée, « The Dark Knight Rises » séduit autant qu’il effraie. On retrouve avec plaisir les personnages qui avaient fait le succès des deux précédents opus : Jim Gordon (Gary Oldman), Lucius Fox (Morgan Freeman) et l’indémodable Alfred (Michael Caine). Parmi les nouveautés, on retrouve Anne Hathaway qui apparait sous les traits félins de Selina Kyle, Marion Cotillard, dans le rôle de Miranda Tate et Joseph Gordon Hewitt qui vient assister Jim Gordon dans le rôle de John Blake. Cependant, la véritable attraction du film demeure le « vilain », Bane interprété par Tom Hardy.

Cinq ans après l’inoubliable Joker campé par le défunt Heath Ledger, c’est au tour de l’acteur anglais de proposer une performance à la hauteur de ce dernier. Le pari n’est pas complètement réussi, Bane n’arrive pas à éclipser le Joker de « The Dark Knight », mais il apporte une nouvelle retranscription du mal. L’image du terroriste est une nouvelle fois retranscrite, mais cette fois-ci, elle prend les traits d’un personnage charismatique, très intelligent et presque invincible. Le travail effectué en amont par Christopher Nolan sur les « méchants » de sa trilogie est tout bonnement incroyable, jamais on n’aura autant craint de personnages dans une saga de super héros au cinéma. À mi-chemin entre le terrorisme de Ra’s Al Ghul et la figure de mal absolue du Joker, Bane marque l’évolution logique de l’anti-héros de la trilogie « Batman » de Christopher Nolan.

« The Dark Knight Rises » signe le parachèvement de la trilogie « Batman » de Christopher Nolan. Sept années auront été nécessaires au cinéaste pour proposer l’adaptation la plus réussie et la plus convaincante d’un super-héros au cinéma. Après « Batman Begins » en 2005 et « The Dark Knight » en 2008, le réalisateur pose la dernière pierre à son édifice en proposant une œuvre emplie d’optimisme et d’héroïsme. Profondément ambitieux, le dernier volet des aventures du « Caped Crusader » s’avère être le plus abouti techniquement. Légèrement en deçà du précédent volet, « The Dark Knight Rises » reste cependant une œuvre majeure de très bonne facture. En réutilisant les codes qui avaient fait le succès de ces derniers films, Christopher Nolan nous plonge une nouvelle fois dans les méandres de la personnalité tourmentée de Bruce Wayne.

Le cinéaste présente son clap final, à la fois étourdissant et épique, le dernier long métrage de la trilogie « Batman » vient conclure cette saga qui restera définitivement dans l’histoire du cinéma. En donnant à la fois l’image d’un film maîtrisé, ancré dans son époque, mais aussi celle d’une saga ayant atteint la quasi-perfection, l’œuvre du réalisateur britannique laisse un sentiment étrange. Le film annonçait la fin de la légende, on en ressort avec l’intime conviction que « The Dark Knight Rises » signe en fait la (re)naissance de la légende du Batman.


Note : 7/10

The Dark Knight Rises

Un film de Christopher Nolan avec Christian Bale, Tom Hardy, Anne Hathaway…
Drame-Action – Britannique-Américain – 2h44 – Sorti le 25 juillet 2012


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