THE AMAZING SPIDER MAN

L’année 2012 aura décidément été marquée par son lot de super-héros. Après « Avengers » et juste avant « The Dark Knight Rises », c’est au tour de l’homme-araignée de tisser sa toile dans les salles obscures. Quelques années après la trilogie « Spiderman » réalisée par Sam Raimi, c’est au tour de Marc Webb d’entreprendre une refonte complète du mythe autrefois bafoué.


Synopsis : Abandonné par ses parents lorsqu’il était enfant, Peter Parker a été élevé par son oncle Ben et sa tante May. Il est aujourd’hui au lycée, mais il a du mal à s’intégrer. Comme la plupart des adolescents de son âge, Peter essaie de comprendre qui il est et d’accepter son parcours. Amoureux pour la première fois, lui et Gwen Stacy découvrent les sentiments, l’engagement et les secrets. En retrouvant une mystérieuse mallette ayant appartenu à son père, Peter entame une quête pour élucider la disparition de ses parents, ce qui le conduit rapidement à Oscorp et au laboratoire du docteur Curt Connors, l’ancien associé de son père. Spider-Man va bientôt se retrouver face au Lézard, l’alter ego de Connors. En décidant d’utiliser ses pouvoirs, il va choisir son destin…


« Spiderman » au cinéma c’est avant 2012 trois films, une trilogie réalisée par Sam Raimi de 2002 à 2007 où Tobey Maguire, Kirsten Dunst et James Franco se donnaient la réplique et s’enfonçaient peu à peu dans les méandres d’un désastre. Cinq ans après, les studios Sony ont décidé de donner faire renaître l’homme-araignée de ses cendres et c’est Marc Webb, le réalisateur du sympathique « 500 jours ensemble » qui s’attèle à cette lourde tâche. L’objectif, redorer le blason d’un super-héros décrédibilisé par une première adaptation plus que décevante. Attendues au tournant par les fans, les nouvelles aventures cinématographiques de Peter Parker arrivent donc sur nos écrans pour le meilleur ou pour le pire. Dès la scène d’introduction, les similitudes avec le premier « Spiderman » sont très présentes. En effet, l’intrigue semble être en tout et pour tout la même chose que celle du film sorti en 2002, seul le méchant et le personnage féminin change. Le bouffon vert et Mary Jane Watson cèdent respectivement leurs places au lézard et à Gwen Stacy.

À première vue, Marc Webb semble livrer un simple remake du film de Sam Raimi scénaristiquement parlant, mais en vérité, les deux œuvres restent très différentes l’une de l’autre. En effet, le réalisateur, grâce à ce reboot, opère un changement drastique dans le traitement du personnage de Peter Parker et de l’univers même dans lequel évolue celui-ci. Dès le début du long métrage, Marc Webb n’hésite pas à prendre son temps. En effet, avec une heure de présentation, le réalisateur souhaite poser efficacement les racines de son récit. La narration est sombre et l’éclosion de l’homme-araignée se dessine lentement mais surement à la manière de Christopher Nolan dans « Batman Begins » qui n’avait pas hésité pour une vision sombre et complexe de son héros.

Andrew Garfield et Emma Stone, un couple glamour qui participe activement à la réussite du film.

La mise en scène sert parfaitement l’intrigue du film, on y retrouve les ingrédients à succès de tous les films de super-héros : effets spéciaux, relation amoureuse, tragédie dans la vie du héros. En optant pour une vision plus sombre que son prédécesseur, le cinéaste réussit le pari qui lui était fixé en proposant une vision moins édulcorée et fantaisiste de l’homme-araignée. Un regard plus proche du comics qui apporte un réalisme supplémentaire à l’œuvre tout en conservant le côté loufoque du héros.

Marc Webb prend son temps et on ne va pas s’en plaindre, il passe d’ailleurs une bonne heure à présenter l’univers, l’homme puis le héros. Sans en faire trop, le réalisateur joue sur la condition humaine de Peter Parker afin de nous faire entrer en empathie avec celui-ci. C’est l’une des données qui n’avait pas été retranscrite lors de la première trilogie, là où Sam Raimi se contentait de livrer un blockbuster sans saveur et sans humanité, Marc Webb, lui apporte un œil plus profond et intense sur la condition de Peter Parker en tant qu’homme, mais aussi en tant que super-héros.

Ponctué par des scènes à la première personne, la mise en scène de « The Amazing Spiderman » est sombre, décomplexée et très dynamique. À noter la scène de découverte du nouveau costume qui reflète bien la maîtrise entière de l’œuvre, on en ressort subjugué tant le résultat apparaît abouti et intense.

amazing-spider-man-andrew-garfield

Le casting n’a pas été renouvelé, c’est Andrew Garfield (« The Social Network ») qui endosse le masque de l’homme-araignée à la place de Tobey Maguire et le résultat est saisissant. Beaucoup plus proche de l’esprit du comics, l’acteur réussit une performance convaincante au côté d’Emma Stone (« Bienvenue à Zombieland », « Crazy Stupid Love », « La Couleur des Sentiments ») qui entre quant à elle dans un personnage méconnu de l’histoire de Spiderman, Gwen Stacy. Le duo fait des étincelles, la sobriété et la justesse d’Andrew Garfield s’allient très bien avec la fraîcheur et la sensualité d’Emma Stone, les deux comédiens crèvent littéralement l’écran.

Un constat réaliste quand on repense à la performance antérieure de Tobey Maguire niais et pathétique et celle de Kirsten Dunst qui jouait le rôle de la jeune fille naïve et inutile. Réuni autour d’un casting de choix (Rhys Ifans, Martin Sheen entre autres), le duo s’impose et grandit au fil des minutes. L’évolution de Peter Parker est étonnante de réalisme, le garçon d’abord timide et attachant laisse peu à peu sa place à un homme qui doit faire face à « de grandes responsabilités ». Juste de bout en bout le jeune acteur prouve une nouvelle fois son talent et signe une performance à la hauteur de son personnage.

the-amazing-spider-man-the-amazing-spider-man-04-07-2012-03-07-2012-2-g

En définitive, les studios Marvel relèvent le niveau de cette année 2012 qui avait très mal débuté pour eux avec « Avengers ». « The Amazing Spiderman » signe le retour réussi de l’homme-araignée au cinéma après une première franchise en demi-teinte dirigée par Sam Raimi. Marc Webb, entouré par Andrew Garfield, Emma Stone et un casting de taille réussi le pari qui lui était proposé. En presque deux heures trente, le cinéaste réussit à poser les bases d’une saga qui devrait faire les beaux jours des studios de Sony.

Un reboot de qualité qui aborde de manière plus travaillée la personnalité du héros. À la manière de Christopher Nolan dans la trilogie « Batman », Marc Webb opte pour une approche plus sombre, plus complexe, qui sans peine réussit à retranscrire fidèlement l’esprit du comics. Sans signer une révolution dans le genre du film de super-héros, « The Amazing Spiderman » séduit et pose les bases d’une saga qu’il faudra à l’avenir suivre de près.


Note : 7/10

The Amazing Spiderman

Un film de Marc Webb avec Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans…
Action-Fantastique-Aventure –Américain – 2h17 – Sorti le 4 juillet 2012
À partir de 10 ans


Publicités