PROMETHEUS

Le mois de mai 2012 a été marqué par l’arrivée d’un des plus grands blockbusters de l’année, « Prometheus » de Ridley Scott. Un peu plus de trente ans après la sortie de son « Alien », le réalisateur de « Blade Runner » a décidé de rechausser les gants afin de livrer une œuvre proche de l’univers de son premier grand succès cinématographique. Un retour attendu par les fans de la première heure ainsi par les amateurs de science-fiction, un long-métrage qui pourrait marquer les prémices d’une nouvelle aventure pour le cinéaste.


Synopsis : Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.


Vertigineux, c’est le terme qui pourrait qualifier une séquence d’introduction déconcertante, une beauté crépusculaire qui n’aura cessé de se justifier tout au long du long-métrage. Plongé dans des décors sublimes et grandioses, le réalisateur plante d’ores et déjà les bases d’une œuvre au pouvoir visuel fort. Dès lors, l’univers qui sied tant au père de la saga « Alien » se met lentement mais surement en place. La présentation des personnages est quant à elle quelque peu bâclée même si les personnalités fortes comme celles de David et du Docteur Elizabeth Shaw rassurent.

Loin cependant de la performance de Sigourney Weaver dans le rôle d’Ellen Ripley, les personnages manquent pour la plupart de fond et d’épaisseur, ce qui laisse un arrière-goût d’inachevé. Les interprétations de Michael Fassbender, Noomi Rapace et celle d’Idris Elba sont convaincantes et insufflent un vent de fraîcheur dans une œuvre au scénario désuet qui pêche par manque de profondeur. Oubliant quelque peu le fond des personnages, Ridley Scott perd l’authenticité qu’il avait si bien su obtenir dans le passé. Dès lors, Charlize Theron peine à surprendre dans le rôle de la chef d’équipage froide et intransigeante, les personnages secondaires font, eux aussi pâles figures tant la possibilité d’entrer en empathie avec eux est impossible.

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Revisitant avec talents les ingrédients et la trame qui avaient fait le succès d’« Alien » en 1979, Ridley Scott mise principalement sur un esprit nostalgique, mais surtout sur l’attrait graphique qui au demeurant reste le véritable point fort du film. La trame scénaristique est somme toute banale et ne transcende pas d’originalité. Peu à peu, les similitudes avec « Alien » se font sentir. La scène de stase de l’équipe scientifique rappelle étrangement le film sorti en 1979, au fil du film, les détails se font de plus en plus précis jusqu’à la scène d’« élimination du corps étranger » où l’impression de déjà-vu semble atteindre son paroxysme.

Pénalisé par quelques approximations et incohérences, le film ne perd pas pour autant de son intérêt. La volonté d’indépendance posée par Ridley Scott pose les enjeux d’un univers à redéfinir. En effet, même si le réalisateur a souhaité réutiliser les ingrédients qui avaient fait son succès dans les années 80, il n’en reste pas moins que « Prometheus » marque à la fois une préquelle et le renouveau d’une saga que l’on pensait éculée. Même si certains crieront au blasphème, il n’en reste pas moins que le cinéaste a tenté de livrer une œuvre à la fois nouvelle et emplie de nostalgie pour les amateurs du genre.

Malgré tout, un profond sentiment d’inachevé transparait après le visionnage de ce long-métrage. Une impression qui se justifie par la pâleur d’un scénario qui ne semble pas assez abouti pour convaincre. Heureusement, le spectacle est présent et tente de faire oublier les lacunes d’un film qui aurait sûrement mérité un meilleur scénario.

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En tentant de redorer l’image d’une saga qui avait un peu perdu en qualité après le quatrième opus et l’affront des « Aliens VS Predators », Ridley Scott livre une œuvre proche de son deuxième film. Beaucoup s’attendaient à une préquelle, on ne peut pas dire qu’il ait tord tant le résultat final semble proche de ce que l’on avait déjà pu voir dans le premier épisode de la saga « Alien ». Au niveau de la mise en scène, « Prometheus » propose un rendu propre en alternant les plans larges et plans rapprochés. Une forme qui semble avoir été privilégiée au fond, les détails graphiques et la dimension grandiose du spectacle proposé semblent être le fer de lance du projet tant et si bien que le fond s’en trouve délaissé. La 3D cette fois-ci est parfaitement utilisée et le rendu ne fait qu’apporter un supplément au spectacle déjà varié que propose le long-métrage.

Les effets visuels se multiplient ne laissant que peu de temps au spectateur pour se remettre de ses émotions. On retrouve une réalisation semblable à celle des anciens films de Ridley Scott, les rapprochements avec les classiques de la science-fiction comme « 2001, l’Odyssée de l’Espace » se font sentir. Enchainant les phases de dialogue et les moments d’actions intenses, le réalisateur trouve le juste milieu en ne se confondant pas dans une œuvre dénuée de sens.

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Malgré une trame scénaristique en deçà, Ridley Scott réussit tout de même à revisiter l’univers d’« Alien », trente ans après. À la fois proche et indépendant, « Prometheus » surprend par son manque d’ambition. La volonté du réalisateur à mettre en scène une œuvre réutilisant les codes qui avaient fait le succès d’« Alien ». Malgré des carences scénaristiques significatives, le film est sauvé par une mise en scène dantesque soutenue par des effets spéciaux hallucinants de réalisme.

Malheureusement trop impersonnel pour rentrer dans les classiques de la science-fiction, « Prometheus » est et restera un film qui n’aura pas su saisir les enjeux du film de science-fiction que le public attendait. Cependant, le nouveau-né de Ridley Scott n’en reste pas moins un des meilleurs films du genre depuis des années, une œuvre qui aurait mérité un traitement plus fouillé au niveau scénaristique et psychologique.


Note : 5/10

Prometheus

Un film de Ridley Scott avec Michael Fassbender, Charlize Theron, Noomi Rapace…
Science-Fiction – Épouvante – Américain – 2h03 – Sorti le 30 mai 2012

Interdit aux moins de 12 ans


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