SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI

Alain Chabat revient à la réalisation après « RRRrrrr » en 2004 et « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre » en 2002. L’acteur-réalisateur a cette fois décidé de s’attaquer à une figure mythique de la bande dessinée : le Marsupilami d’André Franquin. Avec l’aide de Jamel Debbouze, le cinéaste livre un film rafraîchissant pour les enfants de 7 à 77 ans.


Synopsis : Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !!!


Malgré vingt premières minutes poussives, « Sur la piste du Marsupilami » démarre lentement mais sûrement. Peu à peu les fils de cette intrigue se mettent en place pour finalement installer un duo qui ne tarde pas à faire des étincelles. Les deux acteurs s’accordent parfaitement et proposent à l’auditoire une avalanche de gags qui font souvent mouche. Un humour souvent décalé qui se confond très bien dans un monde exotique et bariolé comme on pouvait l’observer dans l’univers de la bande dessinée.

On pourra reprocher un trop-plein de péripéties inutiles, comme celle de la prophétie qui semble ne servir que de prétexte farfelu pour ramener le Marsupilami au centre de l’intrigue. À la fois drôle, émouvant et rythmé, le film réussit le tour de force de séduire avec des ingrédients d’aujourd’hui et un cinéma ultra-référencé aux saveurs d’antan. Une largesse d’esprit qui lui permet de toucher un public très exhaustif.

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Pour son film, Alain Chabat a choisi d’animer numériquement l’animal mythique de Franquin, un choix judicieux tant le résultat est convainquant. Une boule de poil jaune, tacheté, à la bouille attachante, qui séduira petits et grands grâce à la sympathie et la candeur qu’il dégage. Un personnage central qui n’apparait que trop rarement dans le film tant l’intrigue est concentrée sur le duo comique formé par Alain Chabat et Jamel Debbouze.

Un choix assumé par le réalisateur afin d’accentuer le côté légendaire et mystérieux de l’animal issu de la forêt Palombienne. La patte des Nuls est clairement palpable, la publicité moquée et le documentaire animalier faussé, tant d’exemples qui sonnent comme un hommage pour l’ancienne bande d’humoristes. Des gags efficaces qui perdurent tout au long du long métrage grâce au personnage joué par Alain Chabat.

Il y joue un héros naïf, et d’une drôlerie presque involontaire tant les situations « clownesques » s’enchainent sans cesse. Un choix de la part de cinéaste qui étale sans vergogne des références à ses anciens films. Une impression de déjà-vu qui n’est pas sans rappeler l’âge d’or des Nuls même si certaines scènes semblent malheureusement un peu réchauffées.

Le Marsupilami, animal au regard malicieux qui demeure l'attraction du film.

La force du long métrage réside principalement dans le duo Alain Chabat et Jamel Debbouze, un duo en adéquation avec l’esprit enfantin et quelque peu absurde présent tout au long du film. Naviguant dans un univers bariolé et menaçant, les deux héros proposent une succession de gags plus ou moins drôles, mais toujours dans un bon esprit. Jamel Debbouze se contente de faire du Jamel Debbouze, rien de surprenant dans la performance de l’acteur qui se complait dans le rôle de l’arnaqueur attachant, cumulant les problèmes en tout genre. Un rôle que le comédien connaît bien quand on l’a déjà vu dans des films comme « Hollywoo » ou encore « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ».

La palette d’acteurs est elle aussi impressionnante, Fred Testot, Géraldine Nakache, Lambert Wilson ou encore Patrick Timsit qui ajoutent eux aussi un pouvoir comique quoi que parfois douteux au long métrage. La force du film réside aussi dans les multiples hommages au cinéma d’aventure des années 1950, des décors fabuleux habités par des protagonistes symboliques de cette époque aujourd’hui passée. Le réalisateur pioche à droite et à gauche dans l’univers de Franquin afin de dérouler un spectacle décalé et bon enfant à un large public venu admirer la bestiole jaune aux points noirs.

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Alain Chabat fait le job en proposant un film divertissant, bordélique et poilant à un public averti qui sans nul doute sortira ravi par le spectacle offert. On retrouve dans ce méli-mélo gaguesque, un humour absurde qu’on avait déjà pu observer dans le dernier long métrage du réalisateur, « RRRrrrr ». Malgré des faiblesses scénaristiques notables, mais peu importantes vis-à-vis de l’objectif du film, Alain Chabat présente une adaptation libre et réussie de la bande dessinée d’André Franquin.

Beaucoup de gags proposés, de nombreuses répliques font mouche, mais certaines autres tombent à plat. Concernant la farandole d’acteurs, chacun remplit son rôle et propose une interprétation plus ou moins importante, à la hauteur d’un personnage mythique : le Marsupilami. C’est frais, pas prise de tête et très amusant, un film bon enfant qui séduira petit et grand par sa malice et sa bienveillance.


Note : 6/10

Sur la piste du Marsupilami

Un film de Alain Chabat avec Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testot…
Comédie-Aventure – France – 1h45 – Sorti le 4 avril 2012
Pour les enfants à partir de 6 ans


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