DRIVE

Après la trilogie « Pusher », le très réussi «Bronson » et le singulier « Le Guerrier silencieux, Valhalla Rising », Nicolas Winding Refn revient sur le devant de la scène avec le très attendu « Drive ».


Synopsis : Un jeune homme solitaire, « The Driver », conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul…


Dès la scène d’introduction, l’intelligence de la mise en scène se fait sentir. Une esthétique d’exception illustrée par une course poursuite rythmée dans les rues de Los Angeles. Les influences de films tels que « Taxi Driver » de Scorcese (1976), « Bullit » (1968) ou encore « History of Violence » de Cronenberg (2005) sont omniprésentes.

Un mystère et une poésie étonnante se dégagent du Driver, une envie d’aller au-delà du personnage pour percer une carapace qui semble inébranlable. Le film livre dès les premières minutes une ambiance unique, ponctuée par une photographie sublime et une musique électro des eighties enivrante. Le réalisateur nous plonge de nouveau dans l’histoire d’un homme tourmenté et mystérieux comme il avait si bien su le faire dans « Bronson ».

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Après un générique tonitruant en partie dû au sublime titre Nightcall de Kavinsky, le gros plan est mis sur le Driver, personnage tantôt tourmenté, tantôt impassible. Une beauté esthétique, détaché de tout ce qui l’entoure, une sorte d’antihéros pour lequel une empathie ne cesse de se créer au fil de l’intrigue.

Entre calme et hystérie, le spectateur ne sait plus où se placer face à un personnage totalement imprévisible. Cependant, toutes ses actions semblent totalement contrôlées, comme si tout était calculé et que personne ne pouvait enrayer la machine lancée par Nicolas Winding Refn.

In this image released by Film District, Ryan Gosling, left, and Carey Mulligan are shown in a scene from

Nicolas Winding Refn ou l’art de sublimer les scènes les plus simplistes de la vie quotidienne. Ce film est incontestablement la plus belle mise en scène de l’année 2011, des scènes qui resteront dans les mémoires cinématographiques de ses prochaines années.

L’intrigue se met en place lentement et prend le temps d’introduire un univers édulcoré et presque artificiel tout en étant ponctuée par des scènes d’une rare intensité. Parmi celles-ci, la scène de l’ascenseur est selon moi celle qui résume le mieux le héros.

Un personnage torturé, dénué de tout sens logique qui se déchire en quelques secondes. Enfermée dans un ascenseur, la scène est idyllique, l’amour est au centre de tout. Un ralenti inextricable et d’une beauté subjuguante va faire plonger cet univers artificiel vers un cauchemar sans fin. C’est à ce moment particulier que l’on se rend compte que le visage d’ange du Driver n’est qu’un subterfuge visant à cacher une violence rébarbative, mais tellement esthétique qu’elle se laisse observer sans gêne.

Le film entre une autre dimension lorsque le Driver n’accepte plus sa part d’ombre, cette violence qu’il souhaite enfouir au plus profond de son être. Cela se concrétise par le port du masque peu avant la fin du film qui souligne le fait qu’il essaye de cacher sa double personnalité à la face du monde, un visage qu’il ne supporte plus.

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Le scénario audacieux et la mise en scène époustouflante par sa beauté octroient à ce film la récompense d’être selon moi, le film le plus marquant de l’année 2011. Une œuvre intense et pleine de poésie qui restera dans les annales du cinéma. Nous avons affaire ici au plus beau film de Nicolas Winding Refn et de loin, ce long métrage sans fausse note est un must pour les cinéphiles avertis.


Note : 8 /10

Drive

Un film de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling, Carey Mulligan et Bryan Cranston….
Thriller – USA – 1h40 – Sorti le 5 octobre 2011
Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2011


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